Un promeneur romantique.

Un promeneur romantique à Morcourt en 1851 :

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Vestiges de l’ancien calvaire du village de Morcourt.

« Au bout de la vallée s’élèvent, solitaires, au bord de la plaine, l’église et le cimetière de ce village; un petit sentier frayé sur une pente y conduisait; mais depuis quelque temps, l’église est en ruines, le cimetière est abandonné, et le sentier, infréquenté, a disparu sous l’herbe qui le recouvre : ainsi tout finit !

En sortant de Morcourt, j’allai visiter cette église. C’est un vaisseau régulièrement construit et dont l’architecture me parut remonter au quatorzième siècle. L’autel et son tabernacle surmonté d’une statue de la Vierge est tout ce qu’on y voit encore.

Un petit cierge brulait sur cet autel et une couronne de fleurs blanches paraissait nouvellement déposée aux pieds de la Vierge. Mais les stalles, les bancs, les vitraux des saints, des cadres de tableaux, l’urne baptismale, le bénitier, jonchaient de leurs débris l’enceinte déserte de cette église et disparaissaient sous les fragments de voute, sous des pans de toiture qui se détachent chaque jour, tombent et menacent le visiteur.

(Panneaux d’infos sur le site)

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Le sentier mène à une belle découverte bien cachée derrière les arbres et un vieux portail. . .

        Quelques branches d’ogives restées debout dans le vide n’attendent que le jour où la tour de beffroi déjà toute crevassée s’affaissera sur elle-même pour crouler avec elle et tout ensevelir sous leur chute. Le vent qui siffle parmi ces mines est le seul bruit qui fasse dans ce vieux temple dont le clocher est muet. Près de là donnent, délaissés et inconnus, des morts qui lorsqu’ils passèrent dans la vie, étaient des fidèles de cette paroisse; leurs croix, leurs tombes se dégradent, s’effacent et le temps porte ici la mine jusque dans la mort même.

(Panneaux d’infos sur le site)

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Ancienne pierre tombale, elle date des années 1850. . .

  Une femme en deuil se tenait agenouillée sur l’une de ces tombes; la terre en était fraiche encore, et sur sa croix de bois nouvellement peinte, on voyait appendue une couronne, semblable à celle qui était dans l’église; sans doute la même main les avait placées et avait allumé ce petit cierge qui brulait pendant que cette femme priait sur cette tombe. On y lisait cette épitaphe:

« ci-git Virginie, décédée à Morcourt le 17 avril 1851, âgée de 17 ans. Passant priez pour elle ». Pauvre jeune fille, morte dans le printemps de l’année au printemps de ton âge! Ah! Oui, moi, passant, je priai pour toi, et je partageai en secret les regrets de cette mère qui venait te recommander à cette Vierge, solitaire, et parer ta tombe de ces fleurs de la vallée dont sans doute tu te parais toi-même quand le dimanche tu venais prier ici.

Quand cette femme me vit, elle se leva et parut troublée, se croyant seule en ce lieu; elle m’apprit que sa fille était la dernière qui ait été inhumée ici; qu’elle y venait souvent; que Morcourt était annexée à une autre paroisse, mais que cette église malgré ses ruines, ce cimetière malgré son abandon avaient pour elle des consolations, des souvenirs, un trésor qu’elle ne pouvait trouver que là et qui l’attirait sans cesse.

C’est ainsi que dans une âme pieuse et sensible, le culte de ce qui nous fut cher survit à tout. Je saluai cette pauvre mère qui retourna silencieuse, sur la tombe de sa fille et côtoyant toujours les bords ombragés et accidentés de la belle vallée d’Autonne, j’arrivai à Crépy. »

Victor Offroy, de Dammartin, dans le journal de Senlis, 18 octobre 1851

Virginie ?

Dans les registres, la mort de Virginie, son existence, n’ont laissé nulle trace: Victor Offroy s’est-il pris à rêver, romantique, dans l’atmosphère encore aujourd’hui prégnante des ruines de l’église ?      (Panneaux d’infos sur le site)

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Elle est belle dans son écrin de verdure. . .

Bonnes balades à tous.

À bientôt.             Vever’s

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A propos vever02

Je m'appelle Hervé alias Vever... J'adore les balades dans la nature en famille. Je prends des photos sans être un grand spécialiste, juste pour le plaisir. Bonnes visites à tous. Vever's
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15 commentaires pour Un promeneur romantique.

  1. Soizic dit :

    Le bien jolie découverte accompagné d’un joli récit. Merci pour le partage.
    À bientôt Hervé

  2. Merci Hervé de me faire découvrir tant de choses. Merci pour le partage et belle fin de soirée.

  3. Quel beau récit, je m’y suis crue, je m’attendais même à voir la croix parée de sa couronne de fleurs et le lumignon avec sa flamme vacillante …. 🙂 !

  4. Maria-Lina dit :

    Quel beau site Hervé, merci pour son histoire, c’est très intéressant! Bise, bonne soirée toute douce!

  5. ptb41 dit :

    Belle promenade très romantique , on a l’impression d’être en ballade avec Victor Hugo ou Musset …

  6. ventisqueras dit :

    interessante e romantica, il titolo le si conviene
    felice sabato sera Hervé

  7. francefougere dit :

    Un très beau site – et celles, ceux qui reposent ne sont pas oubliés. Bonsoir, Hervé – bonne soirée, merci pour ces photographies vraiment romantiques – amitiés – france 🙂

    • vever02 dit :

      Un très beau site, agréable à visiter loin du tumulte de la ville,
      c’est un vrai plaisir à photographier. Merci beaucoup!
      Bonne soirée France
      Amitiés. Hervé 🙂

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